#HistoiresExpatriées n°2 : Pourquoi j’ai quitté la France ?

Ceci est un extrait de mon roman imaginatif « Ta deuxième vie commence quand tu comprends qu’il faut partir s’expatrier », Val Edmond aux éditions Fabulations.

« Les gouttes, de plus en plus grosses, s’écrasaient sur mon casque. Mon vélo grinçait et moi, les mains crispées sur le guidon, je grinçais tout autant intérieurement… Bientôt, les trombes d’eau furent telles que, d’instinct, je m’arrêtai. Il ne manquerait plus que j’ai un accident ! Je ne suis pas assurée dans ce pays, je vais payer une fortune, pensais-je. Les éléments avaient-ils décidé de se liguer contre moi ? Toc, toc, Noé ? Qu’est-ce que ce déluge ? Je m’efforçais de penser à rouler à gauche lorsqu’une voiture me doubla par la droite et m’éclaboussa. Je râlai et décidai de me remettre en chemin pour en finir au plus vite avec ce périple par ce temps de chien. Il pleut des chiens et chats disent-ils. Je ne vis pas l’ombre d’un animal. Je ne voyais pas grand chose en fait. Le feu passa orange, j’appuyai sur les pédales et je fonçai. Soudain, un choc… je me vis aussitôt sur le sol, le panier du vélo entièrement vidé de part et d’autres de la route, mon vélo peina à se relever et moi aussi. Le guidon en a pris un coup, plus rien n’est droit. La fautive ce fut cette portière sur ma gauche. Puis, un homme vint à ma rencontre : « Are you ok Lady? » Je m’empressai de remettre mon vélo en place. Je voulais atteindre mon objectif qui était de rentrer à la maison me sécher. Je n’eus pas assez de force pour le remettre droit. « Giz a butcher’s at than then will you? » ajouta l’homme. « Cat got your tongue, has it? »
Mais qu’est-ce que je fais là ?, pensais-je. Ne comprenant pas un mot de ce qu’on me raconte, là sur la route au milieu des voitures arrêtées bien sagement attendant que la route se dégage. J’avais tout, un super travail, des collègues en or, des amis, une vie bien rangée, une carrière bien tracée, une vraie petite Parisienne. Au moins, on ne prend pas l’eau dans le métro. Pourquoi suis-je partie en fait ? »

POURQUOI JE SUIS PARTIE ? C’est la question à laquelle je vais répondre en prétextant ce vrai-faux extrait de roman car c’est le thème des #HistoiresExpatriées de mois-ci. J’avais déjà écrit un article à l’occasion de ce rendez-vous pour vous raconter comment se passe la période des fêtes de Noël en Angleterre. Ce dernier a été écrit après plus de deux ans d’expatriation, deux ans où j’ai appris à apprivoiser le pays, apprendre sa langue et comprendre nos différences culturelles. Mais revenons au début, à l’épisode de l’accident de vélo. Car oui cette scène m’est vraiment arrivée. C’était quelques jours après mon arrivée à Portsmouth. J’ai réellement ignoré cet English man car j’étais sous le choc. En rentrant chez moi, j’ai explosé en larmes. Je m’étais fait mal au bras et je ne savais pas comment gérer ça. Aller voir un médecin, lui expliquer en anglais, le montant de la consultation, et si je dois me faire opérer ? Imaginez le stress… Tout ça, je dirais c’est du passé et j’en rigole maintenant. J’étais dans un autre état d’esprit encore (trop) français, péssimiste en tout point. Car oui je suis de celles qui ont beaucoup changé lors de leur expatriation ! Je réserve ce sujet pour plus tard car je suis sûre que le sujet va tomber dans les mois à venir. Revenons-en aux raisons qui m’ont poussées à quitter la France.

Pourquoi s’expatrier ?

Alors pourquoi je suis partie ? Pourquoi j’ai lâché cette vie où je pouvais voyager bien plus souvent avec l’accumulation des congés payés et des RTT** en France ? Où je gagnais bien mieux ma vie ? Où je ne me souciais pas d’avoir un problème de santé ? Et bien sachez que pour en arriver là il s’est passé plusieurs étapes :

1- Je travaillais au siège du groupe Pierre & Vacances – Center Parcs en tant que chef de projet marketing. J’adorais mon métier et l’ambiance avec mes collègues (surtout les dernières années). Puis je commençais à réaliser que j’avais participé à beaucoup de pots de départs en quatre ans. Quatre ans ! Voilà la première raison.

2- Ensuite, dans mon service on avait beaucoup de stagiaires, je les recevais et je remarquais qu’ils avaient TOUS une expérience à l’étranger. Du haut de leur 20 ans, ils en avaient vu plus que moi. Au moment de la prise de conscience j’allais sur mes 28. C’était alors installée une sorte de jalousie et de peur de passer dans le camp des « vieilles »! Bon il s’avère qu’en ayant rencontré des expatriés, VIE, stagiaires et autres ici en Angleterre, il y a vraiment tout type d’expérience. Et il n’y avait pas de quoi être jalouse, ils savent surtout bien le vendre sur un CV ! Car en six mois, non seulement on ne maîtrise pas la langue mais aussi on ne connaît pas grand chose à la culture du pays. Or, dans mon entreprise on les sélectionnait pour ces critères ! Quand j’y repense…

3- La vie parisienne c’est génial. Les premières années on va au théâtre, au musée, on sort dans les derniers endroits à la mode, bref on profite de la capitale. Puis un jour je me suis demandée ce que je pourrais bien faire des deux heures de trajet en métro par jour si on me les offrait (une heure le matin, une heure le soir, avec deux changements par trajet s’il vous plaît !). Ensuite quand on rentre chez soi, on se dit que la « Province »*** c’est pas cher ! J’avais mes oeillères de Parisienne. Il faut vraiment être fou pour payer 1200€ par mois pour un 40m² !

4- Mon copain lui avait déjà vécu à l’étranger en Allemagne puis aux USA. Il avait adoré, on en parlait beaucoup. C’est au court d’une énième discussion qu’on s’est dit qu’on devrait sauter le pas. Son travail n’était plus aussi intéressant, moi j’attendais qu’on me pousse (j’aime quand le destin décide pour moi !). Il commence alors les recherches. Il a un meilleur travail/salaire, c’était plus logique que je le suive. Il a alors deux propositions : une à Helsinki en Finlande, une à Portsmouth en Angleterre. Je me suis dit que niveau météo et langue ce serait plus facile le Royaume-Uni.

5- Comme vous pouvez le voir, nous n’avons pas choisi de nous expatrier en Angleterre pour le pays en lui-même. Nous n’avions aucune limite, mais une forte préférence pour l’Union Européenne car c’est quand même plus simple (je n’avais pas senti arriver le Brexit !). Une fois la décision prise, tout s’est enchaîné. Je n’ai pas eu le temps de réaliser (il m’a fallu plusieurs mois, mais ça c’est une autre histoire). J’organise alors mon propre pot de départ, je fais les cartons et j’atterris dans une belle petite maison anglaise avec deux chambres, le rêve après le 40 m² parisien. J’ai alors troqué le métro contre une bicyclette – qui m’a permise d’introduire cet article – et qui est toujours à mes côtés (elle s’est bien remise de ses émotions !). Et tant qu’on y est, il ne pleut pas si souvent, l’anecdote de la portière m’a juste fait comprendre que je devais être plus vigilante.

Je suis très heureuse d’avoir pris cette décision. Pour une première expatriation c’est une réussite. J’ai maintenant un peu plus de recul pour vous en parler davantage sur ce blog. D’ailleurs, je vous donne rendez-vous le mois prochain pour vous raconter « Ma Nouvelle Routine » sous le soleil anglais à l’occasion du nouveau rendez-vous #HistoiresExpatriées où je vous annonce en avant-première que je serai marraine de l’événement.

A très vite !

#HistoiresExpatriées c’est le rendez-vous des blogueurs expatriés initié par Lucie d’occhiodilucie expatriée en Italie. Ce mois-ci c’est Jéronime, l’archivoyageuse expatriée en Grèce qui nous marraine autour du thème « Pourquoi je suis partie? ».

**RTT : ce concept que je n’ai jamais pu expliquer aux Anglais !

*** Province : Si vous êtes Parisien et que vous utilisez ce mot, c’est qu’il est temps de quitter Paris !

#HistoiresExpatriées

 

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7 commentaires sur “#HistoiresExpatriées n°2 : Pourquoi j’ai quitté la France ?

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  1. Alors moi non plus j’ai jamais compris comment les parisiens pouvaient rester à payer 1200€ pour 40m2. En province on a une villa avec piscine, vue sur la mer à ce prix, lol. Et toutes ces heures perdues dans les transports. Quand on est jeune ça va mais sinon bonjour la vie de famille.
    Perso le Brexit je crois que personne ne l’avait vu venir il y a des années en arrière. Je me demande vraiment quels seront les impacts pour tous les expats. Mais j’espère que vous pourrez tous rester sans encombre administrative.
    Ça doit être agréable de vivre à Portsmouth (même si perso j’aurais choisi Helsinki 😉).

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    1. Merci de ton message Estelle. Helsinki me faisait peur, c’est bizarre, je n’étais pas très téméraire. Maintenant que je connais une première expérience d’expatriation, j’aurais aussi choisi Helsinki. Comme quoi, on change.

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  2. Je crois que je n’aurais pas osé sauter le pas d’une expatriation « à l’aveugle », sans trop savoir où je mets les pieds… Mais j’imagine qu’à deux c’est tout de suite différent, ça permet d’avoir quelqu’un sur qui compter ! Tu parles d’une première expatriation… Tu penses qu’il y en aura d’autre ?

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